Avril 2026
William LACHENAL (Président Fondateur AEDTF)
Ligne Grenoble – Aix-en-Provence (Marseille) via Veynes-Dévoluy :
Dessertes Grenoble – Sisteron – Manosque – Aix-en-Provence
et
Genève – Grenoble – Veynes-Dévoluy – Digne-les-Bains (Nice-CP), et vice-versa.
Histoire de la relation Grenoble-Veynes-Marseille
Le PLM avait créé la ligne Lyon – Grenoble – Marseille via Veynes-Dévoluy dont les points kilométriques sont toujours en vigueur à ce jour. Cette ligne a été desservies par le PLM, puis par la SNCF avec des trains directs Lyon – Marseille via Grenoble et Veynes-Dévoluy, Genève – Digne-les-Bains (Alpazur) via Grenoble et Veynes-Dévoluy. Ces dessertes ont été mises à mal suite à la partition en 1972 de l’ancienne Province du Dauphiné (cas unique en France) entre les deux régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur et où seules les relations Grenoble – Gap ont pu être préservées.

Auteur non identifie.
Collection Train-consultant-Lamming
Le 01/07/1935, création d’une relation estivale Grenoble – Digne-les-Bains (Nice) par ligne des Alpes entre Grenoble et Veynes, assurée par les autorails monocaisse bimoteurs du type 21 dites Michelines ZZR 1 et 2 du PLM du dépôt de Grenoble. Au vu de son succès, cette relation a été reprise par la SNCF lorsqu’elle a repris le PLM en 1938, assurée par des autorails X 52100 du dépôt de Grenoble. En 1954, la SNCF l’a initié par la suite au départ de Genève. Ce train a pris la dénomination « Alpazur » Genève – Digne-les-Bains via Grenoble et Veynes-Dévoluy en 1959 alors que la SNCF avait reçu ses autorails panoramiques X 4200 construits par Renault pour l’exploitation des lignes touristiques.

Photo William LACHENAL
Du 06 au 18/02/1968, une relation ferroviaire rapide est même mise en place pour les Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble, entre Nice-Gare-du-Sud (7h00) et Grenoble (13h03) avec retour Grenoble (17h55) et Nice-Gare-du-Sud (23h55) avec changement à Digne-les-Bains.

Carte : trains-directs.fr (Renaud Cornu-Emieux)
Du 29/06/1971 au 02/09/1971, on note la circulation du train n° 5729 Digne-les-Bains (16h40) – Grenoble (13h20), via Veynes-Dévoluy, avec correspondance à Digne (19h19) pour Nice-CP (22h02), et du train n° 5664 Digne-les-Bains (12h18) – Grenoble (15h46) via Saint-Auban (12h41/12h50), Veynes-Dévoluy (13h46/13h54) et Lus-la-Croix-Haute (14h36), relevant la correspondance à Digne (11h54) en provenance de Nice-CP (08h40). Mais, circulent toujours les trains Directs (devenu temporaire d’été) n° 1837 (futur n° 5709) Lyon-Perrache (10h21) – Marseille-Saint-Charles (18h16) via Grenoble (12h03/12h10) et Veynes-Dévoluy (14h40/15h25) et n° 1832 Marseille-Saint-Charles (12h23) – Lyon-Perrache (19h30) via Veynes-Dévoluy (15h15/15h33) et Grenoble (17h46/17h50), ces trains étant composés de 12 voitures à voyageurs avec traction avec des locomotives CC 72000 ou deux BB 67400 !

Photo William LACHENAL
Les derniers trains Lyon – Marseille via Grenoble disparurent en 1975, à la mise en place des turbotrains sur Lyon – Grenoble et le Sillon Alpin Valence – Grenoble – Genève. La ligne Grenoble – Veynes fut alors menacée de fermeture. L’AMFG qui avait organisé avec succès les nombreux trains spéciaux à vapeur de 1972 à 1975 profita du centenaire de la ligne pour organiser le 01/10/1978 un train spécial tracté par la locomotive diesel-électrique CC 72084 de la SNCF qui fut complet et transporta de très nombreux élus qui manifestèrent leur soutien permettant de créer à l’époque un consensus politique pour conserver cette ligne (seul train à circuler ce jour de grève avec l’accord unanime des syndicats de cheminots).
1981 : renaissance de la relation Genève-Grenoble-Veynes-Digne-Nice (Alpazur)
Les associations ADTC-Grenoble, AMFG et AGV (dont des membres créèrent l’AEDTF) s’étaient mobilisées, et, avaient été entendues par le Sénateur Charles DESCOURS, Vice-Président de l’époque du Conseil Général de l’Isère en charge des Transports, et François HOLLARD, Président de l’époque du Comité d’Expansion du Trièves. De sensibilités politiques opposées, ces deux hommes (qui devinrent membres de l’AEDTF) ont su mettre de côté leurs différences et privilégier l’intérêt régional. C’est ainsi que l’Alpazur Nice – Genève a repris du service en 1981, financé de bout en bout uniquement par le Conseil Général de l’Isère (90%) et le Comité d’Expansion de l’Isère (10%), tous les autres départements concernés, les deux régions RA et PACA et le Canton de Genève n’ayant pas souhaité participer.

X2700 (RGP) x2, le 12 juillet 1985
Photo : Renaud Cornu-Emieux
Contrairement à ce que beaucoup croient, ce train n’a pas cessé de fonctionner faute de fréquentation ! Remplissage à 75% et même 82% en haute saison d’été ! Les statistiques de la saison 1981 (celle de la relance de la relation) et 1987 ont été publiées : « Du 13 juin au 26 septembre 1981 en 106 jours de circulation 17.580 voyageurs en correspondance à Digne ». Chiffres SNCF : 19.000 voyageurs en 1987 et en 1988. « Record le 18 août 1981 avec 184 au départ de Nice et 167 au retour de Digne ». Mais alors pourquoi supprimé ? Un rapport de la Chambre régionale des Comptes trouva anormal que des fonds du département de l’Isère furent utilisés en dehors du territoire du département sur une aussi longue distance. Malgré le succès du train, relancées, les autres collectivités traversées concernées n’avaient toujours pas voulu financer : Exit le train « Alpazur » !

Photo William LACHENAL
Ce succès était dû à une intense publicité au niveau national, à une animation à bord (+ vente de produits régionaux) et surtout au terminus à Genève (et non pas à Grenoble ou Lyon) comme on l’a fait plus tard, le hub de la gare genevoise permettant de nombreuses correspondances européennes. Le train Alpazur apportait tous les ans 9.000 nuitées en hôtellerie traditionnelle sur Digne-les-Bains et le Verdon, mais aussi autant dans le Trièves où beaucoup de voyageurs faisaient étape, bien que circulant que durant les trois mois d’été. Les associations comme l’AEDTF, l’ARDSL, l’ADTC-Grenoble, l’AGV ou la FNAUT Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ont continué de défendre cette relation alpine avec diverses propositions, y compris celle de l’utilisation de l’écartement variable d’Alstom du MOB.
Pour une nouvelle relation Grenoble-Veynes-Sisteron-St Auban-Manosque-Aix en Provence-Marseille
Aujourd’hui, on ignore complètement le trafic touristique majeur sur les lignes alpines. De plus, on nous répond systématiquement que pour aller de Grenoble à Marseille, il est plus court de passer via Valence, en écartant les fortes demandes existantes entre Grenoble – Sisteron – Manosque – Aix-en-Provence et vice-versa. Les correspondances à Veynes sont systématiques avec des temps d’attente de près de deux heures en moyenne, ce qui est dissuasif. S’ajoute aujourd’hui le problème des tarifications différentes entres les deux régions AuRA et Sud-PACA.
De longue date, l’AEDTF avait préconisée une relation directe Grenoble – Marseille fusionnant à Veynes avec un train Briançon – Marseille et vice-versa, dans l’attente du rétablissement de la relation Grenoble – Digne-les-Bains (à fort potentiel). Une première proposition avait été faite avec des matériels communs aux deux régions avec des automoteurs du type X-TER de la série X 72500, puis relancée avec des automoteurs du type AGC-BGC de la série B 82500.


Photo CFF
Nous avons dernièrement à nouveau relancé cette relation dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver de 2030. Alors même que la voie ferrée Grenoble – Veynes va être rénovée, ces sont des cars qui sont prévus pour l’instant entre Grenoble et Briançon. D’autre part, il manque toujours la courte section de 22 km à remettre en état entre Digne et Saint-Auban pour pouvoir recréer l’Alpazur pour permettre aux très nombreux amateurs de sports d’hiver des Alpes du Nord (Isère, Savoie et Haute-Savoie) de pouvoir de rendre à Nice via les CP ! Une liaison quotidienne pérenne Dauphiné – Côte d’Azur, avec les mêmes retombées économiques que l’on observe en Suisse sur le MOB ou sur les RhB !, mais aussi en France sur le Montenvers, le TMB ou le panoramique des Dômes !

