Janvier 2026
Gilbert Ploujoux (AEDTF-CH)
Une liaison entre deux villes importantes
La ligne Lyon-Genève dessert deux villes importantes avec un arrière-pays populeux. Le terminus de la Part-Dieu est saturé malgré la mise en service d’une voie supplémentaire en juin 2022. La ligne offre plusieurs particularités, d’une longueur de 156,2 km (Part-Dieu) avec un tracé en partie sinueux elle compte 14,5 kilomètres sur territoire suisse. Les arrêts sont fréquents pour desservir de petites villes. Le tout aboutit à une faible vitesse commerciale qui a diminué au fil du temps.

Electrification en plusieurs phases
La section finale, Bellegarde-Genève, a été électrifiée en courant continu 1 500 Volts en 1956, puis réélectrifiée en courant alternatif 25’000 V, fréquence de 50 Hz en 2014. Cette opération a mis fin au système d’exploitation de la SNCF entre Genève et La Plaine, notamment la signalisation au profit de celle des CFF avec signalisation intégrale pour des circulations à contre-sens. Dans le cadre d’une politique de normalisation les CFF désirent la voir dans le futur en courant alternatif 15 kV avec fréquence 16,7 Hz. Avec la mise en service de la ligne de l’aéroport en 1987 la section Genève-Vernier s’est retrouvée en voie unique, ce qui présente une grosse contrainte d’exploitation. Une alimentation commutable 15 kV/25 kV installée en 2022 sur la ligne de l’aéroport à La Renfile soulage la situation en cas de retards.

Les trafics de la ligne
La ligne répond à plusieurs courants de trafic : domicile-travail pour Genève-Bellegarde et Ambérieu-Lyon, TER Genève-Lyon et Genève-Valence via Culoz et TGV Lyria Lausanne-Genève-Paris via Bellegarde. Le trafic marchandise est négligeable. En fait la ligne de Lyon est considérée comme un simple TER alors qu’elle est, pour la Suisse, la porte d’entrée d’une bonne partie de la façade méditerranéenne, de l’Espagne et du sud-ouest de la France. Le service régional transfrontalier entre Genève-La Plaine-Bellegarde, lignes L5 et L6 du Léman express, est assuré par des automotrices Flirt et du personnel des CFF.

Photo : Renaud Cornu-Emieux
Une ligne malade
Cette ligne a peu évolué avec les années ce qui lui a valu le nom de « ligne malade ». Les critiques proviennent du Conseil d’Etat Suisse et même du directeur général des CFF. Pour certains la ligne est qualifiée d’«inexistante». Les pannes fréquentes, la ponctualité défaillante et les trains supprimés font que la proportion des retards (dès 6 minutes) est très grande mais marque quand même une amélioration, 61,5 % en 2017, 78,4 % en 2023 et 82,5 % en 2025 (août). Elle est en queue de classement dans la Région Auvergne Rhône Alpes. L’infrastructure souffre d’un manque d’investissement, voie, alimentation électrique insuffisante, signalisation peu performante. Quant au matériel roulant, les trains Corail ne sont pas bien adaptés à ce service et laissent voir un demi-siècle d’usage par manque de propreté, emmarchement pénible, absence fréquente d’air conditionné, etc. En plus la capacité est grandement insuffisante. Ce matériel a dernièrement laissé en grande partie la place à des rames triples de trois caisses du type X 27500.

Photo : Renaud Cornu-Emieux
Une volonté suisse de développement
Le 11 février 2025, une déclaration d’intention est signée par les ministres des transports de Suisse et de France pour améliorer le service sur les lignes transfrontalières. Les CFF sont approchés pour une reprise partielle ou totale de la desserte. A terme il faut arriver à une fréquence d’un train toutes les deux heures sur une grande amplitude horaire avec un seul arrêt à Bellegarde. Le renouvellement, côté Suisse, entre Genève et La Plaine de la voie et du ballast ainsi que le remise en état des ouvrages va entrainer des perturbations en été 2026 avec la suppression totale du trafic du 22 juillet au 16 août 2026 entre Genève et Bellegarde.

