Une idée que l’AEDTF avait portée auprès de la Commission Européenne.
C’est la proposition phare de la Commission Européenne présentée le 13 mai pour transformer l’expérience ferroviaire des citoyens européens : réserver un billet unique valable auprès de plusieurs opérateurs, dans plusieurs pays, avec une garantie de correspondance et avec des droits uniformes en cas de retard ou d’annulation.
Cette idée avait été présentée à la Commission Européenne par l’AEDTF il y a plusieurs années. Deux ans après avoir été évoquée par Ursula von der Leyen, l’idée se concrétise et devrait permettre de renforcer le sentiment d’appartenance à l’UE, d’effacer les frontières comme l’aérien l’a fait depuis des décennies, et de soutenir la demande ferroviaire à un moment où le risque de pénurie de carburant rebat les cartes. L’initiative s’inspire directement du règlement de 2017 sur le roaming, qui a mis fin à la surfacturation des appels passés depuis un autre pays de l’UE.
Comme l’ensemble des règlements européens, l’objectif central est de placer le consommateur au cœur du marché intérieur avec plus de transparence et plus de concurrence entre opérateurs. La Commission prend l’exemple de la Grande Vitesse en Italie, l’entrée sur le marché d’Italo ayant poussé l’opérateur historique Ferrovie dello Stato, devenu Trenitalia, à développer la qualité des services. Et en 10 ans, les prix ont baissé de 30 à 40%. Ce n’est pas encore le cas pour les opérateurs historiques français et allemands qui contrôlent plus de 50% de leur marché national, l’ouverture à la concurrence n’ayant pas eu de répercussions sur le service et les tarifs. La SNCF devrait sans doute mieux apprécier les avantages de la concurrence qui vont bientôt lui permettre d’opérer les lignes Turin-Milan-Rome et Turin-Milan-Venise.
La proposition va être soumise au Conseil de l’Union et au Parlement européen dans le cadre de la procédure législative ordinaire.
Béatrice Bayle-Ghiliotti

